Signalétique Guerbet
 




Cas 2011

Cas n°1 (Septembre)

Hôpital Tenon
Service de Radiologie
Pr Franck BOUDGHENE

Histoire Clinique

Mme H. K. 59 ans

Antécédents Chirurgicaux

- Thyroïdectomie
- Fibrome utérin
Signes cliniques (asthénie physique, pâleur des téguments, notion de Méléna, pas de douleurs abdominales)
Biologie: anémie hypochrome-microcytaire isolée
Adressée pour TDM Abdomino-pelvienne

Réponse : Tumeur stromale : GIST
(Gastro-intestinal Stromal Tumors)
GIST localisée (Stade II: bas risque)

Commentaires
Traitement
- Chirurgical: résection gastrique des 2/3 avec marge saine
- Médical sans Gleevec
Localisation des GIST
Estomac 60-70%
Intestin grêle 20-30%
Colon 5%
Œsophage et mésentère < 5%
Caractéristiques Cliniques
Age moyen 55 et 65 ans, rare avant 40 ans
Asymptomatique : découverte fortuite (Imagerie, Fibroscopie, Chirurgie)
Symptomatique:
- Hémorragies (aiguës ou chroniques) : signe
révélateur le plus fréquent
- Obstruction / perforation
(œsophage, grêle)
Caractéristiques histologiques
Type de Cellules rencontrées :
Cellules fusiformes 70%
Cellules épithélioïdes 20%
Cellules mixtes 10%
Diagnostic Différentiel
A) Tumeurs Conjonctives bénignes
Léiomyome, Schwannome, Polype fibroïde, T. Myofibroblastique inflammatoire .…
B) T. malignes non Conjonctives 1 ou 2aire
Mélanome, Carcinomes (rein, vessie )
Adénocarcinomes (estomac, colon, sein, poumon, utérus)
C) Sarcomes
Léiomyosarcome, liposarcome dédifférencié
Sarcome du stroma endométrial
Traitement des GIST
- GIST localisées : Chirurgie d’exérèse
- GIST avancées : Traitement médical
Imatinib (Gleevec) 400 à 800 mg/jr
CRITERES PRONOSTIQUES
- Très bas Risque < 2 cm < 5/50 C
- Bas Risque 2-5 cm < 5/50 H
- Risque intermédiaire < 5 cm 6-10/50 I
5-10 cm < 5/50 R
- Haut Risque > 5 cm > 5/50 M
> 10 cm indifférent E
Toute Taille > 10/50 D

Cas n°2 (Octobre)

CHU de Grenoble
Service de Radiologie
Pr Gilbert FERRETTI

Histoire Clinique

Homme de 70 ans, plâtrier
Polyarthralgie invalidante séro négative depuis 8 mois
Sous corticothérapie 20 mg / j
Apparition d’une gène respiratoire
RT sub normale il y a 1 mois
Nouvelle radiographie puis scanner
Biologie courante sans anomalie

Réponse : Maladie de Wegener à expression thoracique prouvée par biopsie transthoracique de la condensation pulmonaire

Commentaires
• Il s’agit d’une Inflammation granulomatose nécrosante touchant préférentiellement
- La sphère ORL
- Le thorax : poumon, trachée et bronches
- Le rein
• Touche les adultes entre 40 et 60 ans
• Les manifestations cliniques principales sont : Epistaxis, sinusite, toux, hémoptysie, dyspnée, douleur thoracique et altération état général
• Imagerie thoracique :
- Nodules pulmonaires multiples (90%), cavitation (50%)
- Condensation parenchymateuse 25-50%
- Verre dépoli 20-30%
- Épaississement trachéo-bronchique 50-60%
- Obstruction bronchique 5%
• Le taux des C-ANCA sérique est élévé avec une spécificité voisine de 90% et une sensibilité de 90-95%


Cas n°3 (Novembre)

CHU de Grenoble
Service de Radiologie
Pr Gilbert FERRETTI

Histoire Clinique

Patiente de 52 ans, non tabagique, toux depuis 1 an
Un scanner est effectué

Réponse : Mycobactériose pulmonaire atypique

Commentaires
Elle doit être évoquée devant la découverte de dilatations des bronches cylindriques associées à une micronodulation centrolobulaire avec arbres en bourgeons principalement localisées au lobe moyen et à la lingula chez une femme d’âge moyen tousseuse et non fumeuse. Un signe négatif important : absence de caverne. Le diagnostic est affirmé par la mise en évidence des MBA sur le lavage broncho-alvéolaire dirigé par TDM.

Cas n°4 (Décembre)

CHU de Nice
Service du Pr CHEVALLIER
Dr Guillaume BAUDIN

Histoire Clinique

Mme T., 76 ans est hospitalisée via le service des urgences pour un bilan d’altération de l’état général et fébricule. La patiente allègue une perte de poids de 5kg sur les 6 derniers mois et l’examen clinique est sans particularité. Son bilan biologique met en évidence un syndrome inflammatoire biologique (CRP à 69 mg/L) et une hyperleucocytose à 20.2 x 109/L.
Un scanner thoraco-abdomino-pelvien avec injection (temps portal) et une échographie hépatique avec injection de produit de contraste sont réalisés.

Fig. A : coupe axiale centrée sur le foie
Fig. B : coupe coronale centrée sur l’abdomen et le pelvis.
Fig. C : coupes axiales centrées sur le foie au temps tardif (2 min) de l’injection de PCUS.

Réponse : Métastases hépatiques kystiques d’une tumeur carcinoïde grêlique

Commentaires
Le scanner montre sur les figures A et B de multiples lésions hépatiques hypodenses avec une lésion principale localisée au niveau du dôme. Cette lésion de densité liquidienne présente des contours irréguliers semblant se rehausser après injection.
L’échographie avec injection de produit de contraste retrouve la lésion principale liquidienne et montre plus nettement une composante tissulaire ainsi que de multiples zones de « Wash out » du parenchyme hépatique adjacent faisant évoquer la possibilité de lésions néoplasiques secondaires multiples (Figure C).
Une ponction biopsie hépatique réalisée sous contrôle échographique au niveau des berges de la lésion a permis de conclure à une métastase hépatique par un carcinome endocrine bien différencié dont le primitif était visible à posteriori au niveau de la région iléo-caecale, avec confirmation par la suite sur un entéro-TDM.

Cas n°5 (Janvier)

CH de la Rochelle
Service de radiologie
Dr Jean-Michel HERVOCHON

Histoire Clinique

Mr C.R.
Patient âgé de 72 ans, DNID, cardiopathie ischémique.
Installation progressive depuis 10 jours d'une diplopie altitudinale, d'une instabilité posturale, d'une dysarthrie, d'une voix bitonale, d'un ptosis de l'œil gauche et d'une polypnée avec alcalose respiratoire majeure aux gaz du sang (pH 7.61, PaCO2 8)
IRM encéphalique centré sur de la protubérance et le mésencéphale: Séquence Flair, diffusion,T1 sans et avec Gadolinium, Tof tronc basilaire
Ponction lombaire: liquide clair, hyperprotéinorachie à 0.66 g/l sans hypoglycorachie, réaction cellulaire modérée (23 globules blancs/mm3) de type lymphocytaire

Réponse : lymphome primitif du système nerveux central

Commentaires
Lésion en hyper signal flair, diffusion (baisse de l'ADC) de la protubérance et des pédoncules cérébraux, isosignal T1 discrètement réhaussé après gadolinium.
Amélioration initiale sous antibiothérapie et antiviraux associés à une corticothérapie dégressive. Aggravation secondaire à j15, avec dysphonie, troubles de la déglutition majeurs, troubles oculomoteurs complexes.
L'IRM encéphalique de contrôle montre une discrète extension des signes. La ponction lombaire de contrôle retrouve cette fois de nombreux éléments lymphoïdes atypiques, très évocateurs d'un lymphome de haut grade.

 

Cas n°6 (Février)

CHU d'Angers
Service de radiologie
Dr Catherine Ridereau-Zins

Histoire Clinique

Femme de 45 ans explorée pour des rectorragies ; la coloscopie met en évidence une sténose sigmoïdienne infranchissable. Complément d’exploration par coloscanner à l’eau.

coupe axiale et reconstruction coronale

Réponse : Endométriose digestive

Commentaires
Mise en évidence d’une lésion nodulaire siégeant dans la sous muqueuse de la paroi sigmoïdienne ; la muqueuse digestive est normale (rehaussement homogène) ; la lésion est responsable d’un rétrécissement de la lumière colique.
L’IRM montre le nodule d’endométriose en hyposignal sur les séquence en pondération T2 et T1

Les diagnostics différentiels sont :
- un adénocarcinome sigmoïdien : mais la lésion n’est pas développée aux dépends de la muqueuse
- un nodule de carcinose péritonéale : le siège extrinsèque du nodule pourrait faire évoquer ce diagnostic mais il n’existe pas d’autre signe de carcinose péritonéale et le contexte clinique n’est pas en faveur
- un lymphome colique: les localisations coliques sont habituellement circonférentielles et associées à des adénomégalies mésentériques

Cas n°7 (Mars)

CHU d'Angers
Service de radiologie
Dr Catherine Ridereau-Zins

Histoire Clinique

Homme de 68 ans; bilan de douleurs pelviennes; pas d'anomalie biologique.
TDM: coupe axiale centrée sur le pelvis avec injection IV de PC (temps portal), en fenêtrage tissulaire (a) et osseux (b)
IRM: centrée sur le pelvis: coupes axiales en séquence turbo spin echo T2 (c) et séquence T1 avec injection IV de PC (Gado) et saturation du signal de la graisse (d)
T2: axial et sagit (e)
T1: sans et après Gado (et fat sat) (f)

Réponse : : Chordome

Commentaires
Il s'agit d'une masse tumorale, indépendante de la paroi rectale, responsable d'une lyse sacrée, avec une composante tissulaire des parties molles pré sacrées. La lésion est en hyper signal T2, hyposignal T1 et se rehausse après injection IV de gadolinium.

 

Cas n°8 (Avril)

CH de Saint-Malo
Service de radiologie
Dr Christine ERIN

Histoire Clinique

Mme M âgée de 56 ans, examen demandé pour explorer les surrénales dans les suites d’un AVC hémorragique sur poussée hypertensive. Contexte de labilité tensionnelle. Dans les antécédents notion de prolifération lymphoïde NK avec abstention thérapeutique.
Il est réalisé un scanner sur l’abdomen sans et au temps artériel de l’injection, puis une acquisition abdomino-pelvienne au temps portal.
Coupes axiales sans, au temps artériel et portal sur les surrénales, puis sur l’abdomen, au temps portal.

Réponse : Tumeur carcinoïde

Commentaires
On distingue :
- Les tumeurs neuroendocrines (tumeurs endocrines digestives et extra-digestivs)
- Les tumeurs carcinoïdes
Elles constituent moins de 1% des tumeurs malignes. 70% sont localisées au tube digestif, les localisations extra digestives sont le plus souvent bronchiques, thymiques ou ovariennes. Elles peuvent être fonctionnelles (sécrétion de peptides) ou non fonctionnelles. Elles sont le plus souvent sporadiques. Les facteurs pronostiques sont fonction du degré de différenciation, de l’indice mitotique, de l’index de prolifération (Ki67) et du stade tumoral (en particulier l’existence de métastases hépatiques et leur pente évolutive en TDM.
Le mode de découverte est vatriable par le syndrome fonctionnel, par le syndrome tumoral, fortuite en imagerie, sur la pièce d’anatomopathologie, lors du bilan d’un syndrome héréditaire de prédisposition.
Le syndrome fonctionnel est fonction du type de tumeur et de sa sécrétion (insulinome, gastrinome, VIPome, Glucagonome, somatostatinome). Le syndrome carcinoïde est en rapport avec la sécrétion de sérotonine (la masse digestive doit être suffisante ou s’associer à des métastases pour provoquer des symptômes car la sérotonine passe dans le système porte et elle est métabolisée par le foie) et il se traduit par flusch, diarrhée, douleurs abdominales, crise aigüe carcinoïde avec instabilité tensionnelle.
L’imagerie permet la localisation et le stade métastatique (surtout quand il y a un syndrome carcinoïde). L’examen TDM permet d’objectiver la masse mésentérique avec des travées rétractiles du mésentère, le nodule carcinoïde et d’éventuelles métastases.
Cet exemple montre qu’il ne faut pas toujours limiter son exploration à la « fenêtre » précisée par le clinicien (ici les surrénales).


Cas n°9 (Mai)

CHU d'Angers
Département de Radiologie
Pr Serge WILLOTEAUX

Histoire Clinique

Patiente de 81 ans, hospitalisée en urgence pour douleur thoracique aigue avec modifications à l’Electrocardiogramme (ECG), à type de sus décalage du segment ST, de façon diffuse. Une coronarographie était réalisée en urgence mettant en évidence une sténose non significative de l’artère interventriculaire antérieure (IVA), sans autres lésions coronaires. On notait biologiquement une augmentation des troponines. L’échographie cardiaque trans-thoracique mettait en évidence des troubles de la cinétique en apical. Une IRM cardiaque était réalisée à J2 de la douleur initiale (Figure).

Réponse : Cardiopathie de stress encore appelée « ballonisation apicale transitoire » ou « syndrome de Takotsubo ».

Commentaires
Dans ce contexte, l’IRM cardiaque avait pour but de trancher entre les diagnostics d’infarctus myocarde reperfusé, de myocardite aigue et de cardiopathie de stress.
Les images a, b c et d sont extraites des boucles ciné en SSFP, en fin de diastole (a et c) et en fin de systole (b et d), dans les plans 4 cavités (a et b) et long axe du ventricule gauche (c et d). Il existe, sur ces images fixes, une absence d’épaississement du myocarde au niveau de l’ensemble de l’apex alors que la base s’épaissit normalement ; ceci correspond à l’akinésie apical donnant sur les images ciné un aspect de ballonisation apicale. L’absence de rehaussement du myocarde sur les séquences dites de rehaussement tardif à 10 min de l’injection de produit de contraste est concordante avec ce diagnostic. Il existe également un épanchement péricardique.

 

Cas n°10 (Juin)

CH de Saint-Malo
Service de radiologie
Dr Christine ERIN

Histoire Clinique

Patiente de 93 ans hospitalisée pour douleurs abdominales, prédominant en FIG dans un contexte fébrile avec un important syndrome inflammatoire.

Réponse : Perforation sur diverticule du Grêle

Commentaires
Très rares : 0,3 à 2% de la population
Ils sont rarement congénitaux et concernent le plus souvent un sujet âgé réalisant des diverticules de pulsion.
Ils prédominent classiquement sur le jéjunum proximal et concernent le bord mésentérique (contrairement au diverticule de Meckel qui est sur le bord anti-mésentérique).
Ils sont asymptomatiques ou se traduisent par un syndrome de pseudo obstruction (signes récurrents d’occlusion sans obstacle). Ils se révèlent par des complications dans 6 à 10% des cas : diverticulite avec ou sans perforation, occlusion, hémorragie et anémie.
Le scanner en urgence doit être fait Sans préparation. L’origine diverticulaire est difficile à évoquer et à affirmer. Il faut y penser en cas d’infiltration de la graisse péritonéale du flanc gauche.

Biblio :
Imagerie des diverticule du tube digestif : images pièges, difficultés diagnostiques et complications. Poster JFR 2006. V. LAURENT, S. CORBY, C. BARBARY ; NANCY

 






Bourse SRH 2011

Publication du 4e cas



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