CHU Tours
Service de Radiologie
Pr Dominique SIRINELLI
Histoire Clinique
Nouveau né en réanimation pour
souffrance cérébrale
Cliché thoraco-abdominal de « contrôle
» réalisé au décours de l’admission
de l’enfant
Quel élément préciserez-vous dans votre
compte rendu afin de guider le réanimateur dans la
prise en charge de l’enfant ?
Réponse : Cathéter artériel
ombilical en anormalement haute
Commentaires
en dehors de toute symptomatologie pulmonaire ou digestive
le but de ce cliché est avant tout de vérifier
la position des différents cathéters et sondes
:
- La canule d’intubation n’est pas trop basse
mais en place normale, à distance de la carène
- La sonde digestive est certes sous diaphragmatique mais
reste au niveau du cardia ; elle mériterait d’être
poussée plus loin dans l’estomac
- Outre les fils d’électrode il existe un dernier
cathéter dons la nature et la position exacte doivent
être précisées :
1/ il s’agit d’un cathéter ombilical dont
le caractère artériel (et non pas veineux)
est affirmé par le trajet : après une première
portion transversale (se superposant à l’hypochondre
droit) le cathéter pénètre dans le corps
sur la ligne médiane en regard de l’ombilic puis
suit un trajet descendant, empruntant successivement les artères
ombilicale, iliaque interne et primitive droites (il aurait
pu avoir un trajet symétrique à gauche) pour
rejoindre l’aorte
2/ ce cathéter remonte de façon rétrograde
jusqu’à la portion initiale de l’aorte
thoracique (T4) ce qui est beaucoup trop haut et majore
la gravité d’une éventuelle complication
thrombotique ; en pratique le cathéter devrait rester
en aval de l’émergence des artères rénales Le point marquant : cathéter artériel
ombilical en position anormalement haute
Remarque 1 : chez le nouveau-né,
du fait du risque thrombotique, la voie d’abord vasculaire
ombilicale est évitée ; quand elle est néanmoins
nécessaire les réanimateurs privilégient
la voie veineuse : le trajet, au travers de la veine ombilicale
unique, est alors ascendant vers la branche porte gauche et
le canal d’Arantius. La voie artérielle, du fait
des conséquences iatrogènes plus graves, est
utilisée en dernier recours (ou par erreur) ; le cathéter
doit alors rester sous rénal. Remarques 2 : dans le cas présent
le radiologue devra également revoir avec ses manipulateurs
les modalités de contention des enfants en couveuses
afin d’éviter l’irradiation des mains (visibles
sur le cliché) du personnel.
Jeune femme de 29 ans consultant pour des
douleurs lombaires gauches chroniques. Pas d’antécédent
notable en dehors d’une appendicectomie, une grossesse
menée à terme sans problème. L’échographie
abdominale a montré une hypotonie des cavités
pyélocalicielles du rein droit.
Un scanner abdomino pelvien est pratiqué.
Fig A : scanner pelvien sans injection de produite de contraste
Fig B : scanner pelvien après injection.
Réponse : Endométriose
pelvienne
Commentaires
Le scanner montre sur la figure A, deux masses d’allure
kystique relativement denses au niveau des deux ovaires. La
figure B confirme les kystes ovariens à paroi épaisse
et probablement inflammatoire responsable d’un engainement
du bas uretère gauche.
Le premier diagnostic à évoquer dans ce contexte
est l’endomériose pelvienne avec deux localisations
ovariennes (endométriomes) et une atteinte urétérale
gauche dans son segment pelvien.
L’examen à réaliser est une IRM abdomino-pelvienne
qui confortera cette hypothèse diagnostique et fera
un bilan précis de l’endométriose pelvienne.
Découverte fortuite d’une formation
kystique droite chez un homme de 45 ans grâce à
une échographie abdominale réalisée pour
de vagues douleurs abdominales. Un scanner de complément
est prescrit au vu des images échographiques. Deux
images scanner sont fournies.
Fig A : scanner rénal sans injection.
Fig B : scanner rénal après injection de produit
de contraste.
Sur quel élément échographique (confirmé
par le scanner), une exploration complémentaire par
scanner a été décidée ?
Réponse : Présence d’un
bourgeon endokystique
Commentaires
Les images montrent un volumineux kyste rénal droit
à paroi fine mais contenant un bourgeon charnu qui
a du être vu à l’échographie. La
présence d’un bourgeon a alerté l’échographiste
qui a classé ce kyste dans la catégorie des
kystes atypiques. Le scanner était donc nécessaire
pour utiliser les données de la classification de Bosniak.
La présence d’un bourgeon endokystique doit faire
classé ce kyste dans le type 4. Ce type de kyste doit
faire l’objet d’une exérèse chirurgicale
car la proportion de cancer est très élevée.
Cas
n°4 (Mars)
CHU Tours
Hôpital Bretonneau
Service de Radiologie
Pr Jean-Philippe COTTIER
Histoire Clinique
Mme P., 42 ans, est hospitalisée
suite à un accident de la voie publique avec traumatisme
crânien et perte de connaissance (passagère
arrière). L’examen clinique est normal. La
patiente signale des céphalées intermittentes
anciennes (pas d’autre ATCD personnel ou familial).
Tomodensitométrie réalisée sans (a)
puis avec injection de produit de contraste (b)
IRM réalisée le lendemain [T2flair (c), T2
Echo de gradient (d), T1 écho de spin (e), T1 Echo
de gradient après injection d’ un chélate
de gadolinium (f)]
Réponse : Anévrisme
partiellement thrombosé
Commentaires Les images de scanner mettent en évidence
une lésion nodulaire bilobée spontanément
hyperdense, hétérogène, avec des calcifications
pariétales et un rehaussement partiel de la paroi
après injection. Il s’y associe un œdème
périlésionnel, l’ensemble étant
responsable d’un effet de masse sur la scissure latérale
adjacente, un engagement temporal débutant avec déformation
du pédoncule cérébral gauche. L’IRM
pondérée en T1 montre un contenu en hypersignal
hétérogène de la lésion qui
est également de structure très hétérogène
en T2 (majoritairement en hyposignal sur la séquence
en Flair avec quelques éléments focaux en
hypersignal).Les calcifications sont visibles sous la forme
d’un hyposignal périphérique et après
injection on retrouve le fin rehaussement pariétal.
Un aspect en bulbe d’oignon est noté au niveau
d’une image nodulaire périphérique qui
se rehausse après injection à la partie supérieure
de la lésion, ce nodule paraissant en continuité
avec une branche de l’artère cérébrale
moyenne. Les calcifications pariétales, l’aspect
en bulbe d’oignon et les rapports avec l’artère
cérébrale moyenne permettaient de porter le
diagnostic d’anévrisme géant partiellement
thrombosé (de découverte fortuite). La diamètre
total de l’anévrisme était d’environ
3 cm avec une portion circulante mesurée à
7 mm de grand axe. Discussion des autres hypothèses :
- Cavernome (avec une hémorragie récente)
mais on ne retrouve pas d’aspect moucheté habituel
sur les différentes pondérations T1 et T2
au sein ou à la périphérie de la lésion.
- Métastase (métastase hémorragique
ou métastase de mélanome). La discordance
entre l’importance des lésions et la discrétion
des signes cliniques est en faveur d’une lésion
extra-parenchymateuse. L’absence d’antécédent,
la présence de calcifications pariétales sont
contre l’hypothèse d’une métastase.
- Hématome post-traumatique. Les calcifications pariétales,
le signal du sang en T1 et T2 écho de gradient, la
prise de contraste nodulaire sont autant d’éléments
contre l’hypothèse d’une lésion
traumatique à J1.
Cas
n°5 (Avril)
CHU Tours
Hôpital Bretonneau
Service de Radiologie
Pr Jean-Philippe COTTIER
Histoire Clinique
Enfant âgé de 4 ans hospitalisé
pour troubles de la vigilance fluctuant depuis quelques heures.
IRM pondérée en T2 flair (a) et T2 Echo de gradient
(b), séquence 3D T1 écho de gradient après
injection de gadolinium (c).
Réponse : Thrombophlébite
cérébrale
Commentaires L’IRM montre des anomalies de signal touchant
les deux thalami ainsi que les bras postérieurs des
deux capsules internes. Les lésions présentent
des remaniements hémorragiques (hyposignaux T2). Il
existe une thrombose des deux veines cérébrales
internes (thrombus en hyposignal T2 écho de gradient)
et du sinus droit (hyposignal T2 écho de gradient et
hyposignal T1 non rehaussé par le chélate de
gadolinium sur la série en 3D T1 en écho de
gradient). Il s’agissait donc d’une thrombophlébite
du système veineux profond avec ramollissement veineux
bithalamique hémorragique.
Le caractère hémorragique d’emblée
étaient peu en faveur d’une atteinte du sommet
de l’artère basilaire. De plus, l’artère
basilaire paraissait parfaitement perméable sur l’image
en 3D T1 écho de gradient. Une encéphalite pouvait
également être discutée sur les anomalies
parenchymateuses mais les anomalies de la perméabilité
des veines permettaient de poser le diagnostic de thrombophlébite.
La clinique (terrain, symptomatologie) et l’aspect IRM
(remaniements hémorragiques) n’étaient
pas ceux rencontrés dans les affections métaboliques
pouvant affectant les deux thalami (encéphalopathie
de Wernicke, maladie de Wilson, myélinolyse extra-pontique,
encéphalopathie au butane ou maladie de Fabri).
Cas n°6 (Mai)
Hôpital Cochin,
Paris
Service de Radiologie B
Pr Alain CHEVROT
Histoire Clinique
Tuméfaction gênante de la cheville
droite. (Fig 1)
Echographie et Doppler. (Fig 2 et 3)
IRM. (Fig 4 à 7)
Fig 1 : photographies des chevilles de face
Fig 2 : échographie
Fig 3 : écho Doppler
Fig 4 : IRM sag T1
Fig 5 : IRM sag T2 EG
Fig 6 : IRM axial T1 gado FS
Fig 7 : IRM cotro T1 gado FS
Réponse : Synovite villo
nodulaire
Commentaires
• Assez rare dans cette localisation
• Nodulaire ou diffuse
• Hémorragique : dépôts d’hémosidérine
: noirs en IRM en écho de gradient
• Exérèse chirurgicale
Cas
n°7 (Juin)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
Pr Alain CHEVROT
Histoire Clinique
Femme de 63 ans
Traumatisme de cheville
Radiographies non contributives
IRM de cheville (Fig 1 et 2)
Réponse : : Hémopathie
Commentaires
maladie de Waldenström
• Hémopathie maligne rare, caractérisée
par une prolifération lymphoplasmocytaire monoclonale
B avec infiltration des organes lympoïdes et de la moelle
osseuse sécrétant une immunoglobine M monoclonale.
• Elle est d’étiologie inconnue mais une
prédisposition génétique familiale semble
établie. Trois quarts des malades sont des hommes
• souvent asymptomatique
• Asthénie progressive ;
• Adénopathies dans 20 à 30 % des cas,
• Splénomégalie ou hépatosplénomégalie
Syndrome hémorragique cutanés, muqueux voire
rétiniens
• Syndrome d’hyperviscosité
• Neuropathie périphérique dans 5 à
10 % des cas, symétrique, sensitive
• Infiltration lympho-plasmocytaire polymorphe de la
moelle osseuse
• Fibrose et mastocytose réactionnelle, inconstantes
• IRM : reconversion médullaire diffuse ou protéiforme
(inversion du signal de la moelle osseuse) . Plages de reconversion
bien limitées disséminées sans règles.
Cas
n°8 (Juillet)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
Pr Alain CHEVROT
Commentaires • Corps étranger
• Radiotransparent
• Verre
• Fragment méconnu initialement
Cas
n°9 (Août)
CHU de Rennes
Service de Radiologie
Pr Jean Yves GAUVRIT
Dr Hélène RAOULT
Histoire Clinique
Homme de 43 ans hospitalisé pour céphalée
d’apparition brutale et persistante, accompagnée
de 2 épisodes de vomissement en jet et d’une
photophobie. A l’examen clinique, discrète raideur
méningée sans déficit neurologique focal
ni de trouble de la conscience. Scanner encéphalique
en contraste spontané réalisé 5 heures
après le début de la symptomatologie (Figures
1 à 4), complété par un angioscanner
des axes artériels de la base du crâne avec reconstruction
MIP dans le plan coronal (Figures 5 et 6) et Volume Rendering
en vue postérieure (Figure 7).
Réponse : HSA périmésencéphalique
idiopathique
Commentaires
L’hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) périmésencéphalique
idiopathique se définit par une HSA localisée
aux citernes périmésencéphaliques, sans
étiologie identifiée à l’angiographie.
Elle représente environ 5 à 10% des HSA non
traumatiques et 70 % des cas d’HSA à angiographie
normale.
Sur le plan anatomique, le centre de l’HSA est localisé
en avant du tronc cérébral, au niveau de la
citerne interpédonculaire, avec extension fréquente
à la citerne prépontique (qui peut être
le seul site de l’hémorragie) et extension possible
aux citernes quadrigéminale ou carotidiennes. Il n’existe
en revanche pas d’extension à la citerne chiasmatique
ni aux vallées sylviennes, car la citerne interpédonculaire
est fermée à sa partie antéro-supérieure
par la membrane arachnoïdienne de « Liliequist
».
La présentation clinique est la même que celle
de l’HSA anévrysmale, mais le terrain est plus
souvent l’homme jeune, non hypertendu.
Le scanner doit être réalisé dans les
24 heures suivant le début des symptômes pour
une sensibilité de détection optimale de l’hémorragie.
L’angioscanner ou l’artériographie ne retrouvera
d’anévrysme que dans 3% des cas d’HSA périmésencéphalique.
Le pronostic est bon, avec un risque exceptionnel de resaignement,
de vasospasme ou d’hydrocéphalie, un élargissement
ventriculaire transitoire étant cependant fréquent.
Le grade Fisher 3 (HSA d’épaisseur > 1 mm)
serait de moins bon pronostic.
L’hypothèse physiopathologique est débattue,
mais une hémorragie d’origine veineuse ou capillaire
serait la plus probable.
Le traitement à la phase aigue est similaire à
celui des HSA d’origine anévrysmale.
Au total, le diagnostic d’HSA périmésencéphalique
repose sur : une présentation clinique évocatrice,
une distribution caractéristique du sang sur le scanner
réalisé dans les 24 heures, un bilan angiographique
négatif.
Cas
n°10 (Septembre)
Hôpital Cochin,
Paris
Service de Radiologie B
Pr Alain CHEVROT
Histoire Clinique
Homme 57 ans
Douleur brusque d’horaire mixte du genou face postérieure
IRM
Réponse : Thrombose veineuse
poplitée
Commentaires
Noter l’épaississement de la veine poplitée
et de ses branches intra musculaires