Jeune femme âgée de 25 ans,
aux antécédents de maladie des ovaires polykystiques
traitée par ADEPAL®, consultant pour des épigastralgies.
La fibroscopie oesogastroduodénale est normale.
L’examen clinique retrouve à la palpation un
« bord gauche hépatique nodulaire ».
Une échographie de contraste et une IRM hépatique
sont réalisées.
Réponse : Adénome télangiectasique
Commentaires
La découverte d’un nodule hépatique unique,
homogène sur l’IRM, en discret hypersignal T2
et hypervasculaire évoque une lésion hépatocytaire
; l’hypothèse d’une métastase hypervasculaire
unique est moins probable chez cette jeune patiente.
La gamme des lésions hépatocytaires comprend
l’HNF, l’adénome et le CHC.
L’objectif est donc de différencier une HNF des
deux autres lésions hépatocytaires dont la prise
en charge thérapeutique est différente.
Le caractère spontanément hyperintense en T1
in et out phase, la faible intensité de la prise de
contraste au temps artériel, une prise de contraste
centripète en échographie de contrate (normalement
centrifuge en cas d’HNF) et l’absence d’élément
central ne sont pas en faveur d’une HNF typique et nécessite
donc la poursuite des explorations. L’hypothèse
d’un adénome télangiectasique a conduit
à une lobectomie gauche.
Les caractéristiques IRM décrites pouvant orienter
vers le diagnostic d’adénome télangiectasique
sont leur : multiplicité, hétérogénéïté,
franc hypersignal T2, hypersignal T1 spontané et l’existence
d’un phénomène de « pooling »
sur les temps tardifs après injection de Chélates
de Gadolinium.
Cas
n°2 (Janvier)
Laurence BARANES, Frédéric
PIGNEUR, Alain KULSKI et Alain RAHMOUNI
CHU Henri Mondor
Histoire Clinique
Femme âgée de 59 ans qui consulte
pour une scapulalgie droite d’horaire mécanique.
L’examen clinique retrouve une masse en regard de la
pointe de l’omoplate droit lors de la mise en antépulsion
et adduction du membre supérieur droit.
Demande d’IRM pour bilan lésionnel.
Fig 1 : photographie du dos de la patiente
les bras le long du corps
Fig 2 : photographie du dos de la patiente les membres supérieurs
en antépulsion et adduction.
Fig 3 : coupe axiale en pondération T1
Fig 4 et 5 : coupe axiale en pondération T1 fat Sat
post-Gadolinium.
Réponse : Elastofibrome
Commentaires
Il est intéressant de connaître cette entité
du fait de sa fréquence élevée (prévalence
de 2 % au scanner dans une population de plus de 60 ans) et
de son aspect caractéristique en Imagerie.
L’élastofibrome est une lésion à
croissance lente, le plus souvent asymtomatique (dans plus
de 50 % des cas).
En cas de symptômes, on citera des scapulalgies d’horaire
mécanique, une raideur articulaire ou encore une sensation
de craquement lors de la mobilisation du membre supérieur.
Le diagnostic est facilement posé sur l’association
des critères suivants :
- Le terrain : femme de plus de 55 ans et travailleur manuel
- La topographie lésionnelle : masse située
en regard de la pointe de l’omoplate entre la paroi
thoracique en dedans et le muscle dentelé antérieur
en dehors et en avant, et les muscles grand dorsal en dehors
et en arrière.
- Le caractère bilatéral et asymétrique
de la lésion (intérêt donc en cas de doute
diagnostic d’explorer en imagerie l’épaule
controlatérale)
- La présence de striation graisseuse. Nous vous rappelons
que l’élastofibrome est une pseudotumeur
d’origine multifactorielle, résultant en autre
des mécanismes de friction entre la pointe de l’omoplate
et la paroi thoracique, produisant des fibres élastiques
anormales et une matrice fibreuse constituée de collagène
enchâssant des ilôts cellulaires de graisse mature
présente de façon physiologique (absence de
production de graisse de la part de cette pseudotumeur ce
qui explique l’absence de striation graisseuse dans
10 à 25 % des cas surtout en cas de petite taille lésionnelle).
PS :
A signaler que cette pseudolésion peut fixer au PET
sans que cela remette en cause le diagnostic.
Cas
n°3 (Février)
CHU Rennes
Département d'imagerie neuro faciale
Pr Jean-Yves GAUVRIT
Histoire Clinique
Patient de 35 ans, exploré pour des
céphalées chroniques.
Fig 1 : séquence axiale en pondération T1 sans
injection
Fig 2 : séquence axiale en pondération T2-FLAIR
Fig 3 : séquence sagittale en pondération T2
*
Fig 4 : acquisition axiale native de l’ARM TOF
Fig 5 : séquence axiale en pondération T1 avec
Fat Sat
Fig 6 : séquence coronale en pondération T2
Réponse : Kyste dermoïde
Commentaires
Les kystes dermoïdes sont de signal graisseux, en hypersignal
en T1 et FLAIR, en hyposignal en T2*, cet hypersignal s’effaçant
en T1 avec fat sat. Des artéfacts de déplacement
chimique sont habituels (Fig 6).
Les séquences d’ARM TOF confirment qu’il
ne s’agit pas d’un anévrisme
Le kyste demeure hypersignal en FLAIR, ce qui élimine
un kyste arachnoïdien.
Le kyste est situé en arrière de l’hypophyse
et en avant du tronc cérébral.
Cas
n°4 (Mars)
CHU Rennes
Département d'imagerie neuro faciale
Dr Thierry JOSSEAUME,
Pr Jean-Yves GAUVRIT
Histoire Clinique
Jeune fille de 13 ans hospitalisée
pour une anorexie présente un syndrome confusionnel
associée à des paralysies oculomotrices
Fig 1 : séquence axiale en pondération T2
Fig 2 : séquence axiale en pondération T2
Fig 3 : séquence sagittale FLAIR en pondération
T2
Fig 4 : séquence axiale en pondération T1
avec injection
Réponse : Encéphalopathie
de Gayet Wernicke
Commentaires Le diagnostic typique d’une encéphalopathie
de Gayet Wernicke est évoqué devant les atteintes
multiples et sélectives du plancher du 4ème
ventricule, de la région périacqueducale,
des colliculus inférieurs, des corps mamillaires
et des noyaux dorsomédians du thalamus. Ces anomalies
sont en hypersignal FLAIR ou se rehaussent après
injection. Le déficit en thiamine (vitamineB1) est
lié dans ce cas à une dénutrition sur
anorexie. Cette encéphalopathie s’observe dans
les états de dénutrition sévère
sans nécessairement un contexte d’éthylisme
chronique associé.
Cas
n°5 (Avril)
CHU Rennes
Département d'imagerie neuro faciale
Dr Thierry JOSSEAUME,
Pr Jean-Yves GAUVRIT
Histoire Clinique
Patiente de 47 ans avec des céphalées
rapidement progressives.
Fig 1 : séquence axiale en pondération T2-FLAIR
Fig 2 : séquence axiale en pondération Diffusion
Fig 3 : cartographie de l’ADC
Fig 4 : séquence axiale en pondération T1 avec
injection
Fig 5 : spectroscopie monovoxel à TE court
Réponse : Tumeur primitive
gliale de bas grade
Commentaires Il s’agit d’une tumeur primitive gliale
de bas grade. L’IRM montre une lésion infiltrante
sans prise de contraste. Les pics métaboliques en spectroscopie
sont typiques avec un profil tumoral : augmentation de la
Choline et chute du NAA et de la Créatine. La prise
de contraste est corrélée à un grade
élevé tumoral. Son absence dans ce cas, est
synonyme d’une tumeur de bas grade.
De plus, il existe une franche augmentation de la diffusion
de la lésion sur la carte ADC. Cette augmentation permet
d’éliminer un AVC ischémique récent.
Une clinique pauvre par rapport à l’étendue
lésionnelle et une lésion qui déborde
latéralement le territoire vasculaire de l’artère
cérébrale antérieure droite sont deux
autres éléments contre la nature ischémique
artérielle. A noter, dans notre cas, une augmentation
de l’ADC, situation qui s’obverse soit après
à un infarctus artériel à partir du 10ème
jour soit dans un infarctus veineux. Dans cette dernière
situation, la clinique, l’anomalie en FLAIR et l’augmentation
de l’ADC sont complètement compatibles. Cependant,
la spectroscopie est très utile car le spectre ne montrera
pas alors de profil tumoral.
Cas n°6 (Mai)
CHU Rennes
Département d'imagerie neuro faciale
Dr Thierry JOSSEAUME,
Pr Michel CARSIN
Histoire Clinique
Un homme de 45 ans, sans ATCD particulier,
présente des troubles du comportement à type
d’apathie, associé à des mouvements anormaux,
non contrôlables.
Une IRM est réalisée.
Légende:
• Figures 1, 2 et 3: coupes axiales en pondération
T2
• Figures 4, 5 et 6: coupes axiales en coefficient apparent
de diffusion (ADC)
• Figures 7, 8 et 9: coupes axiales en pondération
T1 après injection de gadolinium
Réponse : Lymphome
Commentaires
Ce sont des tumeurs constituées de lymphocytes B et
présentant un grand polymorphisme radiologique. Elles
apparaissent en iso ou hyposignal T1, hyper ou iso signal
T2. La prise de contraste est homogène. Il peut s’agir
de lésions uniques ou multiples.
Les signes fortement évocateurs du diagnostic sont
l’atteinte des noyaux gris centraux et du corps calleux,
ainsi que la restriction de la diffusion en rapport avec la
richesse cellulaire. Il existe dans notre cas une atteinte
bilatérale des thalami, une atteinte du genou du corps
calleux, et la lésion frontale droite présente
sur la carte ADC une diminution nette du coefficient de diffusion.
L’évocation précoce du diagnostic est
importante, afin d’éviter la mise en place d’une
corticothérapie avant la preuve histologique. En effet
ces tumeurs sont très cortico-sensibles et peuvent
régresser temporairement sous corticothérapie,
rendant aléatoire un geste biopsique.
Cas
n°7 (Juin)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
A Chevrot, JL Drapé
Histoire Clinique
Jeune femme de 19 ans.
Douleur et induration des cuisses
Réponse : : TRAUMATISME
Commentaires
On se trouve en présence de calcifications sous périostées
bilatérales des tiers moyens des fémurs. On
peut éliminer une ostéite chronique sur l’absence
de lésion centro diaphysaire. De même l’ostéosarcome
est peu vraisemblable.
Il restent les autres lésions qui toutes peuvent donner
des ossifications sous périostées. Dans ce cas
il s’agissait de calcifications d’hématomes
post traumatiques au cours d’un contexte de «
femme battue ». L’aspect est caractéristique
et doit être confirmé par l’interrogatoire,
très difficile dans ce contexte.
Cas
n°8 (Juillet)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
A Chevrot, JL Drapé
Histoire Clinique
Homme 35 ans.
Apparition depuis quelques jours d’une masse thoracique
antérieure gauche.
Scanner de la paroi thoracique.
Réponse : HÉMATOME SUR FRACTURE CHONDRALE
Commentaires ATCD de traumatisme thoracique antérieur il
y a trois mois
•Fracture luxation du cartilage costal antérieur
de la 7 et 8ème côte gauche
•Hématome
•Malghem J.,…, Maldague BE. AJR 2001; 176: 429-432
•sous-estimé
•Non diagnostiquée sur radio standard, sauf si
massivement calcifié
•Écho : ligne hyperéchogène dans
le cartilage normal hypoéchogène
En Scanner : Cartilage normal
•Homogène, densité 70-120 UH
•Orienté selon un axe horizontal ou axial oblique
•Rond ou ovoïde en coupe perpendiculaire au grand
axe
•Fracture :
•Solution de continuité, déplacement,
angulation
•Épaississement des parties molles
•Calcifications périphérique (plusieurs
semaines après trauma)
•Parfois air dans fissure cartilagineuse
•Syndrome de Tietze :
•Entité mal définie
•Douleur originaire de la 2ème à la 5ème
côte et gonflement
•Pathogénie peu claire, possiblement traumatique
•TDM et écho normale
•Syndrome de Cyriax (slipping rib syndrome) :
•Femme, 50 ans
•Subluxation post-traumatique de l’extrémité
antérieure des 8ème, 9ème et 10ème
côte s’articulant avec la côte sus-jacente
Cas
n°9 (Août)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
A Chevrot, JL Drapé
Histoire Clinique
• H 23 ans
• Masse douloureuse rétrococcygienne
• Parfois caractère inflammatoire
Réponse : kyste pilonidal
Commentaires
•Inclusion de poils sous le derme avec réaction
inflammatoire (sébum + pus)
•FR : Pilosité ++, surpoids, sudation ++
•Fossette coccygienne
•18000 opérations en France / an (1/2 surinfection)
•Efrat Z et al. Early sonographic detection of a «
human tail » : a case report. Ultrasound Obstet Gynecol
2001;18:534-535
Cas
n°10 (Septembre)
Hôpital Cochin,
Paris
Service de Radiologie B
A Chevrot, JL Drapé
Histoire Clinique
• F 70 ans
• Tuméfaction du coude connue depuis 1 an, non
douloureuse
• 2ème épisode douloureux aigu en 1 mois
• Pas de syndrome inflammatoire ni fièvre
Echographie. Scanner
Réponse : OSTÉITE
Commentaires
•Poche inflammatoire bourse séreuse rétro-olécrânienne
•Traumatique ou rhumatismal
•Activité professionnelle
•Épine olécrânienne (radio)
•Risque d ’infection et d ’ostéite
(lésion cutanée)
•Chau CL et al. Musculoskeletal infections: ultrasound
appearances. Clin Radiol 2005;60:149-59JL Drapé, A
Chevrot