Commentaires
Dans les douleurs du compartiment interne du genou on retient
les étiologies suivantes, de la peau à la profondeur
:
- bursite de la patte d’oie
- entorse du LLI
- lésion capsulo-méniscale : Pelligrini Stieda
- lésion méniscale
- lésion dégénérative du compartiment
fémoro-tibial interne
- lésion du croisé antérieur
- lésion osseuse type Fracture de fatigue
Une radiographie sans préparation aurait pu montrer
le trait d’impaction.
L’IRM confirme la fracture et l’œdème
de l’os spongieux voisin.
Cas
n°2 (Janvier)
Hôpital Cochin, Paris
Service de Radiologie B
A Chevrot,
JL Drapé
Histoire Clinique
Jeune garçon de 12 ans.
Douleur et tuméfaction de la face antérieure
du genou D sous rotulien.
Fig 1 : échographie de la région sous rotulienne..
Comparaison G et D
Fig 2 : échographie de la région sous rotulienne
avec écho doppler
Réponse : Maladie d’Osgood
Schlatter
Commentaires
Il s’agit d’une dystrophie localisée de
la croissance du point d’ossification de la tubérosité
antérieure du tibia. Véritable lésion
de surcharge, elle s’accompagne de phénomènes
inflammatoires expliquant l’aspect à l’échodoppler.
Elle peut conduire au déplacement vers le haut de la
tubérosité antérieure du tibia avec formation
d’une « patella alta ».
Cas
n°3 (Février)
CHU Ambroise Paré
Service de Radiologie
Benoit Rousselin, Stéphen Binsse, Alexis Lacout,
Sophie Chagnon
Histoire Clinique
Madame M. 32 ans se plaint d’une augmentation
de volume du pouce en regard de l’articulation inter
phalangienne. Elle ne présente pas d’antécédent
particulier notamment traumatique. Les radiographies simples
sont normales.
Voici les images de son IRM:
Fig 1 : Coupe sagittale en séquence pondérée
en T1
Fig 2 : Coupe sagittale en séquence pondérée
en T2
Fig 3 : Coupe axiale en séquence pondérée
en T1
Fig 4 : Coupe axiale en séquence pondérée
en T1 après injection de Gadolinium
Fig 5 : Coupe axiale en séquence pondérée
en T2 en saturation de graisse
Réponse : Chondromatose synoviale
Commentaires
Il existe plusieurs images arrondies développées
principalement dans le récessus antérieur de
l’articulation inter phalangienne du pouce.
Elles apparaissent en hyposignal en séquence pondérée
en T1 et en signal intermédiaire en séquence
pondérée en T2 . Ce signal intermédiaire
en séquence pondérée en T2 permet d’éliminer
l’hypothèse d’un volumineux épanchement
intra articulaire.
Elles sont intra articulaires puisqu’elles sont limitées
en avant par la synoviale qui se réhausse après
injection de Gadolinium
L’absence de ré haussement après injection
de Gadolinium élimine une synovite inflammatoire ou
villonodulaire
On est donc en présence de plusieurs corps étrangers
intra articulaires. La normalité des radiographies
simples ne montrant donc pas de calcification ou d’ossification
intra articulaire élimine des ostéochondromes.
Le diagnostic est donc celui d’une chondromatose synoviale
primitive.
Cas
n°4 (Mars)
Hôpital Lariboisière,
Paris
Service de Radiologie Viscérale et Vasculaire
Dr Mourad Boudiaf,
Pr Roland Rymer
Histoire Clinique
Homme de 30 ans hospitalisé pour
méléna. A l’examen clinique présence
de naevus cutanés.
La coloscopie est normale. Un entéroscanner est réalisé
(Figs 1, 2). Une IRM abdomino-pelvienne en pondération
T2 (Figs 3, 4) est réalisée en complément
de l’entéroscanner.
Réponse : Angiomatose
du grêle dans le cadre du syndrome de Bean
Commentaires L’entéroscanner montre des formations
nodulaires grêliques à développement
endoluminal se rehaussant de façon modérée
et homogène. L’IRM en pondération T2
montre de nombreux nodules de l’intestin grêle
en hypersignal T2 franc évoquant fortement des angiomes
du grêle.
L’ association d’une angiomatose du grêle
avec des naevus cutané est caractéristique
du syndrome de Bean (Blue Rubber Bleb Naevus Syndrome).
Le syndrome de BEAN est une maladie autosomique dominante
qui affecte les téguments et l’appareil digestif.
Les lésions digestives observés sont des angiomes
veineux, localisés préférentiellement
au niveau duodéno-grêliques, mais peuvent siéger
au niveau gastro colique. La principale complication est
l’hémorragie digestive. Aucun traitement curatif
n’est proposé à ce jour. Un traitement
médical par HBPM peut être proposé.
Des équipes proposent des résections endoscopiques
ou chirurgicales de ces angiomes.
Cas
n°5 (Avril)
Hôpital Archet II, CHU Nice
Service d'Imagerie Médicale
Pr Patrick CHEVALLIER
Histoire Clinique
Une femme âgée de 20 ans se
présente aux urgences pour douleurs de l’hypocondre,
de la fosse iliaque et de la fosse lombaire droits, accompagnées
d’un fébricule à 37.8°, et d’une
augmentation des globules blancs à 16.1 (normale :
4-10) et de la CRP à 35 mg/l (normale < 5). Un examen
cyto bactériologique des urines ainsi qu’une
échographie abdomino pelvienne sont normaux et aucun
diagnostic formel n’est porté.
Les symptômes cliniques restent fluctuants pendant des
semaines avec quelques épisodes de leucorrhées
et cette patiente revient consulter. Les douleurs sont à
présent localisées dans l’hypocondre droit,
la température est de 37.9°, les globules blancs
sont à 10.7 et la CRP à 39 mg/l. Le bilan biologique
hépatique est normal. Une échographie est normale
en dehors d’un signe de Murphy et d’une paroi
vésiculaire mesurant de 3 à 3.5 mm d’épaisseur.
Un examen tomodensitométrique avec injection iodée
intra veineuse de l’abdomen et du pelvis est réalisé
(coupe jointe).
Réponse : Syndrome de Fitz-Hugh-Curtis
Commentaires Le syndrome de Fitz-Hugh-Curtis correspond à
une péri hépatite liée à une infection
d’origine gynécologique, le plus souvent à
Chlamydia trachomatis ou plus rarement à Neisseria
gonorrahae. Cette jeune patiente avait une infection gynécologique
à Chlamydia trachomatis, le diagnostic ayant été
posé au décours du scanner sur la base d’une
analyse par méthode PCR (polymérase Chain Reaction)
de prélèvements réalisés au niveau
du col utérin. Cette péri hépatite s’exprime
sur la plan clinique par des douleurs de l’hypocondre
droit évoluant sur un mode subaigu avec un syndrome
inflammatoire, un fébricule et une polynucléose
neutrophile. Les symptômes pelviens peuvent être
frustres ou manquer et tout syndrome douloureux développé
dans l’hypocondre droit chez une jeune femme devrait
conduire à la réalisation d’un examen
clinique et échographique gynécologiques, ce
qui n’avait pas été réalisé
pour la prise en charge initiale de cette patiente.
Classiquement le diagnostic de péri hépatite
est posé au cours d’un acte chirurgical qui met
en évidence des adhérences se situant entre
la capsule hépatique et le péritoine pariétal.
Cependant, la tomodensitométrie permet de
mettre en évidence des signes plus ou moins spécifiques
pouvant orienter le diagnostic final qui est posé par
l’examen de prélèvements gynécologiques
et/ou la recherche d’anticorps sériques.
Au cours de cette affection, on peut ainsi identifier en tomodensitométrie,
outre d’éventuels signes en rapport avec une
infection gynécologique (abcès tubaire, épanchement
liquidien, …), les signes suivant en rapport avec la
péri hépatite :
- un épaississement de la paroi vésiculaire
peu spécifique, modéré et régulier,
pouvant mimer une cholécystite aiguë; ce syndrome
entre donc dans la liste des étiologies d’un
épaississement vésiculaire ;
- des anomalies de la perfusion hépatique peu spécifiques
pouvant être dues à des troubles du retour veineux
hépatique ;
- un rehaussement intense de la densité de
la capsule hépatique après injection iodée
intra veineuse ; ce signe, présent sur l’image
proposée pour ce cas clinique, paraît très
spécifique et correspond à la visualisation
des adhérences inflammatoires péri hépatiques
; ce signe paraît néanmoins inconstant, dépendant
du degré d’inflammation et il était mis
en évidence dans notre observation probablement parce
que l’évolution se faisait déjà
depuis plusieurs semaines.
Le traitement de cette pathologie consiste en une antibiothérapie
et est en règle efficace.
Cas n°6 (Mai)
Hôpital Raymond
Poincaré, Garches
Service d'Imagerie Médicale
Pr. Christian Vallée, Dr. Robert Y. Carlier
Histoire Clinique
Il s’agit d’un homme de 58 ans,
sans antécédent particulier notamment traumatique
et en bon état général, adressé
par un chirurgien pour bilan IRM pré-opératoire
d’une tuméfaction douloureuse de la face postérieure
du bras gauche. Des radiographies sont considérées
comme normales. Il est en possession d’une échographie
effectuée 15 jours auparavant (iconographie non fournie)
dont le compte-rendu mentionne :
« Au tiers supérieur du muscle triceps brachial,
il existe un épaississement hétérogène
et échogène. On note une désorganisation
des fibres musculaires. En doppler, il existe un aspect d’hypervascularisation
du corps musculaire triceps. La graisse sous-cutanée
en regard est infiltrée. Il peut s’agir d’une
dysjonction myo-aponévrotique, cependant, il ne s’agit
pas d’une localisation habituelle, surtout le contexte
clinique ne l’évoque pas. Par prudence une IRM
est souhaitable ».
On réalise donc cet examen que l’on décide
de compléter par une nouvelle échographie.
Réponse : Myosite ossifiante
circonscrite
Commentaires
La MOC, souvent rapportée à un traumatisme,
est une affection d’origine indéterminée
se manifestant par une douleur importante d’apparition
rapide voire brutale chez l’enfant ou l’adulte.
Elle ne pose guère de problème diagnostic si
des calcifications sont visibles radiologiquement ou en scanner…
Elle ne devrait pas en poser sur l’aspect IRM d’une
tuméfaction mal limitée, très inflammatoire
et hypervascularisée en périphérie, ce
que l’on retrouve en écho doppler : le diagnostic
alors posé, la mise en route d’un traitement
anti-inflammatoire permet la régression des phénomènes
douloureux avant même l’apparition des calcifications
qui s’effectue de la périphérie vers le
centre de la lésion.
En cas de doute, un scanner permet parfois de détecter
des calcifications infra-radiologique.
Dans le cas présent, la clinique, le caractère
mal limité de la masse, l’absence de collection
liquidienne ou de dépôt d’hémosidérine
en T2*, éliminent de toute façon les autres
diagnostics.
Cas
n°7 (Juin)
CHU ANGERS
Département de Radiologie
Pr. Christophe AUBÉ
Histoire Clinique
Mr W 62 ans, sans antécédent
particuliers, décrit depuis environ deux ans des épisodes
de douleurs abdominales modérées, isolées.
Une échographie abdominale montre une dilatation du
conduit pancréatique principal ainsi que des voies
biliaires, sans obstacle visible. Une Cholangiopancréato
IRM (CPIRM) est réalisée pour bilan de cette
dilatation.
Figure 1 et 2 : Coupes axiales en pondération T2 (single
shot) sans suppression de graisse.
Figures 3, 4 et 5 CPIRM en coupes épaisses (20 mm)
dans un plan coronal oblique.
Réponse : Tumeur intracanalaire pancréatique
mucineuse et papillaire
Commentaires
La TIPMP est une maladie de la muqueuse des canaux pancréatiques.
L’épithélium de ces canaux devient mucosécrétant
avec hypersécrétion de mucus. Cette hypersécrétion
est à l’origine d’une dilatation des canaux
pancréatiques. L’âge moyen de découverte
de la maladie est d’environ 60 ans. La découverte
est fortuite dans environ 37 % des cas. Une douleur abdominale
modérée est associée a environ 25 % des
cas. Une pancréatite aiguë (généralement
modérée) est révélatrice dans
11 à 60 % des cas selon les séries de la littérature.
L’atteinte intéresse les canaux secondaires uniquement
dans 28 % des cas et est mixte (canal principal et canaux
secondaires) dans 72 % des cas. Une atteinte isolée
du canal principal est rare. L’atteinte des canaux secondaires
intéresse le plus souvent la tête et l’uncus.
Elle se présente sous forme de lésion kystique,
volontiers polylobée en grappes de raisin, (dans le
cas présenté cet aspect est visible dans la
partie céphalique). L’atteinte des canaux secondaires
est souvent multifocale, ce qui est un élément
majeur du diagnostic positif de TIPMP. Dans les formes diffuses,
lorsque la production de mucus est très importante,
le mucus remonte dans la voie biliaire principale et peut
être responsable d’une dilatation des voies biliaires
(comme dans le cas présenté où le mucus
apparaît en hyposignal au sein de l’hypersignal
de la bile).
Le risque de dégénérescence est important
puisque le risque actuariel d’adénocarcinome
ou de dysplasie de haut grade est de 50 % à 5 ans lorsque
l’atteinte est mixte et de 15 % lorsque l’atteinte
intéresse les canaux secondaires de façon isolée.
Les signes de dégénérescence sont des
signes d’imagerie, l’adénocarcinome pouvant
se présenter sous une forme infiltrante ou de bourgeon
endocanalaire.
Devant la découverte d’une TIPMP, une discussion
pluridisciplinaire doit décider d’une éventuelle
indication chirurgicale en fonction de l’âge du
patient, de la localisation des lésions et d’éventuels
signes en imagerie de dégénérescence.
Si une indication chirurgicale n’est pas retenue dans
un premier temps, un suivi en imagerie doit être institué
afin de dépister précocement les signes de dégénérescence
pour instituer le traitement à un stade où la
lésion est encore résécable.
Références
Vuillerme MP, Giraud M, Hammel P et al. - Aspects radiologiques
des tumeurs intra canalaires pancréatiques mucineuses
et papillaires. J Radiol 2005; 86: 781-796
Valette O, Cuilleron M, Debelle L et al. Imagerie des
tumeurs intracanalaires papillaires mucineuses du pancréas
: revue de la littérature. J Radiol 2001; 82: 633-645
Cas
n°8 (Juillet)
CHU de NANTES
Centre Hémodynamique et Vasculaire Interventionnel
Pr D.CROCHET Dr K.WARIN-FRESSE
Histoire Clinique
Un jeune homme de 20 ans est adressé
en IRM pour bilan morphologique d’une masse cardiaque
connue et suivie depuis l’enfance, par échocardiographie.
Il est sous traitement anti-arythmique (amiodarone, acétobutolol)
et est totalement asymptomatique.
Dans ses antécédents, il y a des kératokystes
odontogéniques opérés à répétition.
Il présente un pectus excavatum, une quatrième
côte droite bifide et une photosensibilité.
Figures 1 et 2 : séquence HASTE T2 en incidences 4
cavités du cœur (1), petit axe du cœur (2).
Figures 3 et 4 : séquences T1 sans (3) et avec saturation
de graisse (4) en incidence 4 cavités du cœur.
Figures 5 et 6 : séquences de viabilité tardive
à 10minutes après injection de gadolinium en
inversion récupération, le temps d’inversion
étant choisi à 280 ms pondérées
T1 en incidences 4 cavités du cœur (5) et petit
axe du cœur avant (6).
Réponse : Fibrome
Commentaires Le diagnostic est celui d’un hamartome fibro-élastique
ou fibrome diagnostiqué à l’âge
de 3 mois par biopsie chirurgicale.
C’est une tumeur primitive rare congénitale,
représentant 3,2% des tumeurs bénignes [1].
L’étude anatomo-pathologique montre qu’elle
est composée de fibroblastes, de collagène et
de fibres élastiques. Il n’y a pas de fibres
musculaires au centre de la tumeur [2]. Dans 50% des cas,
on peut observer des calcifications. Il s’agit d’une
tumeur bien circonscrite localisée au myocarde ventriculaire
et parfois s’étendant dans la cavité cardiaque.
Les risques sont liés aux manifestations cliniques
: défaillance cardiaque, arythmie et mort subite. L’invasion
ou la compression du système de conduction entraînant
les arythmies est la cause la plus fréquente de décès
[3].
Cette tumeur est souvent associée au syndrome de Gorlin
[4], qui est une maladie héréditaire autosomique
dominante à pénétrance complète
et à expressivité variable. Il se caractérise
par un ensemble d’anomalies du développement
et par une prédisposition à différents
cancers (carcinomes baso-cellulaires, fibromes ovariens, médulloblastomes).
Les manifestations cliniques les plus fréquentes sont
des naevus baso-cellulaires, des kératokystes odontogéniques
des kystes épidermoïdes, des anomalies osseuses
costo-vertébrales, des calcifications ectopiques intra-crâniennes,
une dysmorphie faciale et dans 5% des cas un retard mental.
Le gène est localisé sur le chromosome 9q22.3-q31.
Les critères diagnostiques admis impliquent de retrouver
chez un membre de la famille au moins deux des quatre manifestations
majeures (kératokystes odontogéniques, porokératose
palmo-plantaire, carcinomes baso-cellulaires ou calcifications
ectopiques intra-crâniennes).
REFERENCES :
1/ Mc Allister HA, Fenoglio JJ. Tumors of the cardiovascular
system. Armed Forces Institute of the pathology. Washington
DC. 1978: pp1-39.
2/Feldman PS, Meyer MW. Fibroelastic hamartoma (fibroma) of
the heart. Cancer. 1976;(38) 1: 314-23.
3/ Grebenc ML Rosado de Christenson ML, Burke AP et al. Primary
cardiac and pericardial neoplasm : radiologic-pathologic corrélationRadiographics.
2000; 20: 1073-103.
4/ Lacombe D. Le syndrome de Gorlin. 1997. Encyclopédie
Orphanet.
Cas
n°9 (Août)
Hôpital Saint André,
CHU BORDEAUX
Service d'Imagerie Médicale
H. LAUMONIER
H.TRILLAUD
Histoire Clinique
Patiente suivie pour cancer du sein traité
par chirurgie et radio-chimiothérapie.
Découverte de multiples nodules hépatiques en
échographie d'aspect hyperéchogène en
couronne.
Réalisation d'une IRM dont voici les images :
Fig1 : T1 en phase
Fig2 : T1 en opposition de phase
Fig3 : T2
Fig4 : T2 avec saturation des graisses
Injection de GD
Fig5 : avant injection de Gd
Fig6 : phase artérielle
Fig7 : phase portale
Fig 8 : phase tardive
Réponse : Stéatose pseudo-nodulaire
multifocale
Commentaires
Il s'agit d'une stéatose pseudo-nodulaire multifocale
sur la sémiologie IRM: Couronne hyperintense en périphérie
du pseudo-nodule en T2 avec chute du signal de l'ensemble
du parenchyme hépatique (stéatose diffuse) et
de la couronne stéatosique en périphérie
du pseudo-nodule en opposition de phase. Absence de mise en
évidence des pseudo-nodule en T2 avec saturation des
graisses. réhaussement similaire de l'ensemble du foie
sans lavage.
La stéatose est fréquemment observée
après chimio-thérapie. le mécanisme de
cette stéatose est causé par l'accumulation
anormale de triglycérides lié à l'hypoxie
tissulaire, l'accumulation de toxines et des modification
de la vascularisation induite par la chimiothérapie.
L'IRM est l'examen de choix pour le diagnostic de pseudo-nodule
stéatosique.
Cas
n°10 (Septembre)
Hôpital civil,
CHU STRASBOURG
Service de radiologie B
Service des maladies vasculaires, d’hypertension
artérielle et pharmacologie clinique
B. SAUER,
C. GRIFFON,
X. BUY,
A. GANGI
Histoire Clinique
Patient de 54 ans ayant présenté il y a 3 mois
une thombophlébite fémoro-iliaque droite avec
embolie pulmonaire. Parmi les facteurs de risque, on note
un tabagisme à 30 paquets-années et on découvre
la présence d’anticorps anti-phospholipides à
un taux de 60 U-GPL/mL. Apparition brutale d’une hémiparésie
gauche avec une confusion sans convulsion, l’IRM réalisée
est présentée (figure 1). Quinze jours plus
tard, il existe une réaggravation de la symptomatologie
neurologique (Figure 2, TDM). Encore trois jours plus tard,
le patient présente des douleurs de l’hypochondre
gauche avec un syndrome inflammatoire biologique modéré
amicrobien (CRP 50, pro-calcitonine normal), un TDM mutiphasique
abdominal est réalisé (figure 3 et 4).
Devant l’ensemble de ce tableau une échocardiocardiographie
par voie transoesophagienne est réalisée et
montre un épaississement des valves sans végétations.
Réponse : Syndrome catastrophique
des anti-phospholipides
Commentaires
L’IRM cérébrale montre des multiples AVC
situés au niveau cortical et sous-cortical bilatéral
dont l’aspect est compatible soit avec des emboles soit
des troubles microvasculaires. Le scanner réalisé
quinze jours plus tard montre une extension des lésions
avec apparition d’un foyer pariéto-occipital
droit malgré le traitement anticoagulant à dose
efficace.
Au niveau abdominal, on note de multiples foyers d’infarctus
rénaux et spléniques sans atteinte macrovasculaire
(entre autre pas d’anomalie des artères rénales
ou de l’aorte expliquant la symptomatologie).
L’échocardiographie par voie transoesophagienne
montre un épaississement des valves, l’aspect
est celui d’une endocardite de Libmann-Sachs.
Le patient a bénéficié de la poursuite
du traitement anticoagulant à dose efficace auquel
il a été adjoint des bolus de corticoïdes
et des perfusions d’immunoglobulines. L’évolution
était favorable.