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Cas 2004

Cas n°1 (Novembre)

Hôpital d'Enfants -
Hôpital Jeanne d'Arc
CHU Nancy Brabois
Service de Radiologie
Dr Marie-Agnès Galloy - Pr Michel Claudon

Histoire Clinique

Petite fille âgée de 2 ans Hospitalisé pour des troubles urinaires sans hyperthermie Bandelette urinaire négative
PCR : 30
NFS : 11000 blancs avec 69% de neutrophiles

Réponse : kyste de l’ouraque surinfecté

Commentaires
Formation hétérogène comportant plusieurs formations liquidiennes dont la paroi se rehausse après injection de produit de contraste située sous la paroi abdominale antérieure.
L’âge de l’enfant, la position de la masse en arrière de la paroi abdominale antérieure et la présence de cloisons épaisses se rehaussant après injection de produit de contraste doivent faire évoquer le diagnostic de kyste de l’ouraque surinfecté.

Cas n°2 (Décembre)

Hôpital Huriez
CHRU Lille
Service de Radiologie
Pr Olivier ERNST

Histoire Clinique

Monsieur FA, sans antécédent, présente une douleur abdominale apparue brutalement 12h auparavant. L’examen clinique retrouve une douleur élective en fosse iliaque gauche avec défense pariétale localisée. Il est apyrétique et le bilan biologique est normal.

Un scanner avec injection est donc pratiqué.

Réponse : torsion d’appendice épiploïque

Commentaires
Le diagnostic est affirmé devant le tableau clinico-biologique (douleur élective en fosse iliaque gauche, absence d’argument en faveur d’un processus infectieux) associé à un aspect scanographique typique (formation ovalaire à centre graisseux et couronne hyperdense appendue au colon d’allure normale). L’évolution est spontanément favorable et ne nécessite aucun geste chirurgical.

Cas n°3 (Janvier)

Hôtel Dieu
CHU Nantes
Service de Radiologie
Pr Benoît DUPAS

Histoire Clinique

Ictère d'apparition progressive chez un homme de 63 ans, à l'issue d'une douleur abdominale brutale. Syndrome rétentionnel net. A l'échographie, dilatation des voies biliaires intra-hépatiques avec une masse au niveau de la tête du pancréas mesurant 40 mm.
Antécédent de prostactectomie pour cancer prostatique il y a 9 mois.

Réponse : pancréatite lympho-plasmocytaire auto-immune

Commentaires
Il s'agissait d'une pancréatite lympho-plasmocytaire sclérosante auto-immune à forme pseudo-tumorale.
Le diagnostic a été prouvé après examen anatomopathologique sur une pièce de duodéno-pancréatectomie céphalique.
La pancréatite auto-immune peut prendre deux formes : une atteinte diffuse ou une forme pseudo-tumorale.
Les formes pseudo-tumorales représentent environ 30 % des pancréatites auto-immunes. Dans ce cas, la dilatation de la voie biliaire principale est due à un infiltrat inflammatoire de la tête du pancréas avec une sclérose enserrant la voie biliaire principale. L'imagerie canalaire du pancréas montre des canaux pancréatiques secondaires rares, un canal pancréatique principal anormalement fin sans dilatation.
Signe caractéristique : le canal pancréatique n'est pas dilaté en amont des formations pseudo-tumorales. Cet argument est essentiel pour remettre en cause le diagnostic de tumeur maligne. Les calcifications pancréatiques ne sont jamais présentes et les pseudo-kystes sont exceptionnels.

Cas n°4 (Février)

Hôpital Pellegrin
CHU Bordeaux
Unité radiopédiatrie
Pr Jean-François CHATEIL

Histoire Clinique

Lucie, 3ans, sans antécédent médical particulier, est explorée pour des difficultés progressives à la marche. Son histoire a commencé il y a 3 mois par une chute apparemment sans gravité, mais avec la présence de douleurs dorso-lombaires intermittentes ayant entraîné plusieurs consultations, y compris chez un psychologue. Depuis plusieurs jours, la marche est devenue très difficile et une incontinence urinaire est apparue. L’examen clinique confirme une paraparésie des membres inférieurs, sans autre anomalie objective. Les clichés simples du rachis ont été considérés comme normaux. Une ponction lombaire a montré une hyper-protéinorachie.
Une IRM est pratiquée : vous disposez d’une coupe sagittale pondérée T1, d’une coupe axiale pondérée T2, d’une coupe coronale pondérée T1 après injection de chélate de gadolinium.

Réponse : rhabdomyosarcome para rachidien

Commentaires
Masse « en sablier » centrée sur le trou de conjugaison D12 L1 gauche hypointense en T1, hétérogène, hyperintense en T2, rehaussée mais hétérogène après injection. Le corps vertébral de T1 est en hyposignal T1, son pédicule gauche est lysé à sa partie externe. La lésion refoule le fourreau dural et la moelle, qui est comprimée. Il existe une infiltration de la portion haute du psoas et des muscles paravertébraux. Le rein gauche est au contact de la lésion mais non envahi.
Un neuroblastome peut être discuté. La surrénale gauche est visible mais cette tumeur peut naître d’autres structures sympathiques. Ceci impose le dosage des catécholamines urinaires.
Un neurofibrome peut présenter cette topographie, à cet âge le plus souvent dans le cadre d’une neurofibromatose. L’infiltration des parties molles postérieure évoquerait une dégénérescence en neurofibrosarcome.
Un sarcome d’Ewing vertébral peut également être discuté. Le contingent tumoral dans les parties molles peut être important dans les localisations rachidiennes, avec une atteinte osseuse plus discrète.
Les localisations osseuses et notamment rachidiennes sont possibles dans les lymphomes non hodgkiniens. Le contingent tumoral dans les parties molles est possible, mais plus exceptionnel.
Une biopsie a été réalisée au niveau de la lésion et a permis le diagnostic de rhabdomyosarcome embryonnaire. Il s’agit de la tumeur maligne la plus fréquente des tissus mous (50 à 65%) d’étiologie inconnue; il peut exister des anomalies caryotypiques cellulaires, avec des transpositions 1-13 et 2 -13. Parmi les deux formes histologiques principales, embryonnaire (80%) et alvéolaire, la dernière est de pronostic plus sévère. Il existe deux pics de fréquence entre 3 et 5 ans puis 15 et 19 ans. Les signes cliniques dépendent de la localisation. L’extension se fait par contiguïté et à distance.
Le diagnostic doit être évoqué de principe chez l’enfant devant toute lésion solide infiltrante des tissus mous. L’imagerie (IRM) affirme le diagnostic de tumeur solide des tissus mous et réalise un bilan d’extension locorégional précis et guide la biopsie. La radiographie pulmonaire voire une TDM thoracique recherchent une extension à distance. Le traitement associe chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie. Le pronostic est réservé, avec une survie à 5 ans de 50 à 60%.

Cas n°5 (Mars)

Hôpital Pasteur
CHU de Nice
Service de Radiologie
du Pr. B. Padovani
Dr. P. Wejroch

Histoire Clinique

Patient de 23 ans, admis en pneumologie pour hémoptysie importante. Devant l’aggravation rapide de l’hémoptysie et une anémie importante le patient est transféré en radiologie. Un scanner thoracique avec injection est réalisé. Voici la radiographie pulmonaire d’entrée et le scanner thoracique.

Réponse : séquestration pulmonaire

Commentaires
La radiographie thoracique montre de nombreuses images kystiques avec niveaux hydro-aériques basi-thoraciques droits.
Le scanner thoracique objective une masse lobaire inférieure droite, contenant des images kystiques avec des niveaux hydro-aériques.. Il s’y associe des hyperdensités en verre dépoli, en rapport avec l’hémorragie alvéolaire. En fenêtre médiastinale on visualise l’origine d’un pédicule artériel naissant de l’aorte thoracique descendante, qui permet d’affirmer une vascularisation systémique du segment sequestré.
Ces éléments permettent d’affirmer le diagnostic de séquestration pulmonaire.
Une autre coupe (non présentée) montrait un retour veineux pulmonaire dans la veine pulmonaire inférieure droite, en faveur d’une séquestration pulmonaire intralobaire.
L’hémoptysie massive est une complication rare des séquestrations et peut justifier en urgence une embolisation du pédicule artériel (ce qui a été le cas chez ce patient et qui a permis l’arrêt immédiat du saignement).

Cas n°6 (Avril)

CHU Grenoble
Unité d'IRM
Service de Neuroradiologie
du Pr JF. Le Bas
Dr Pierre Bessou, Dr Sylvie Grand

Histoire Clinique

Homme de 79 ans, altération progressive de l'état général et des fonctions supérieures, hospitalisé pour confusion. Absence d'antécédent traumatique ou chirurgical.
Ponction lombaire: hyperlymphocytose et hyperprotéïnorachie, absence de cellules malignes, recherche de CMV et d'HSV négative.
Sérologies CMV et VIH négatives.

TDM sans injection (1), IRM T1 avec injection de gadolinium (2).


Réponse : lymphome

Commentaires
Mise en évidence d'un épaississement spontanément dense des parois ventriculaires associé à des hypodensités adjacentes d'allure réactionnelle démateuse, rehaussement périventriculaire irrégulier en bande après injection de Gadolinium.
L'âge et les antécédents, les données morphologiques et biologiques orientent vers le diagnostic.

Cas n°7 (Mai)

CHU Reims
Hôpital Maison Blanche
Service de Radiologie
Pr Laurent PIEROT

Histoire Clinique

Patient âgé de 55 ans, hypertendu, tabagique.
Antécédent de cancer pulmonaire traité par chirurgie puis chimiothérapie il y a un an.
Crises comitiales généralisées.

Réponse : angiomatose lepto-méningée

Commentaires
Il s’agit d’une angiomatose lepto-méningée (maladie de Sturge-Weber).
La maladie de Sturge-Weber associe :
- une angiomatose:
o facial
o oculaire (choroïde)
o leptoméninges
- des modifications dystrophiques du cerveau sous-jacent
o atrophie (diminution perfusion ou ischémie chronique)
o calcifications
Le scanner sans injection peut montrer une atrophie et des calcifications corticales (après 2 ans, gyriformes, curvilinéaires, lobes occipitaux et pariétaux).
Le scanner avec injection montre un rehaussement variable de l'angiome pial et un élargissement du plexus choroïde ipsilatéral.
L’IRM est la technique de choix pour l’exploration de cette maladie. Elle montre la dystrophie corticale (avec calcifications): zones curvilinéaires de bas signal en T2 ou une éventuelle gliose: plages hypo T1, hyper T2.
Après injection de gadolinium, on observe le rehaussement lepto-méningé de l’angiome ; le plexus choroïde du carrefour ventriculaire ipsilatéral peut être élargi et rehaussé.
Des anomalies associées peuvent être rencontrées :
- Lésions oculaires :
o Angiomes choroïde
o Glaucome congénital
- Angio-osteo-hypertrophie
- Angiome facial (V1 le plus souvent).

Cas n°8 (Juin)

CHU Amiens
Hôpital Sud
Service du Pr Alex REMOND
Dr AUQUIER

Histoire Clinique

Patient de 48 ans hospitalisé pour pneumopathie de la base gauche.
Notion de douleurs du flanc droit trois semaines auparavant avec échographie abdominale normale.
Présence d’une hyperleucocytose à 20000 GB, CRP élevée, syndrome néphrotique biologique, fonction rénale normale.
Devant la persistance du syndrome infectieux, un scanner thoracique est réalisé.

Réponse : Embolie pulmonaire bibasale avec thrombi pulmonaires récents artériels lobaires inférieurs

Commentaires
Les coupes abdominales réalisées de façon systématique à la recherche d’un thrombus cave objectivent un élargissement de la veine rénale gauche avec thrombus émergeant dans la veine cave inférieure.
Gros rein gauche non sécrétant avec œdème de la graisse périrénale.

Le diagnostic de thrombose cruorique de la veine rénale avec embolie pulmonaire secondaire est évoqué, compliquant un syndrome néphrotique.

Cas n°9 (Juillet-Août)

CHU Montpellier
Hôpital Gui de Chauliac
Service de Neuroradiologie
Pr Alain BONAFE

Histoire Clinique

Bilan chez une fillette de 6 ans, sans antécédents personnels ou familiaux d'une tuméfaction fluctuante indolore cervicale et basi-linguale.

FIGURES :
Exploration IRM T2 écho de spin, sur les plans axial et coronal
Fig 1, Fig 2 : coupes axiales en pondération T1 avant et après injection I.V. de Gadolinium.

Réponse : lymphangiome kystique

Commentaires
Lésion tumorale multikystique transpatiale, développée au niveau de l'espace cervical antérieur, des régions submandibulaires et sublinguales, étendue au plancher buccal. Pas de prise de contraste permettant d'exclure un éventuel contingent veineux.

Cas n°10 (Septembre)

CHU Amiens
Hôpital Sud
Service du Pr Alex REMOND
Dr AUQUIER

Histoire Clinique

Patient de 19 ans ayant présenté un épisode unique d’hématurie macroscopique isolée.
L’interrogatoire et l’examen clinique n’ont pas permis d’orienter le diagnostic.
Une urethrographie descendante a été réalisée de façon systématique au décours de l’Urographie Intra Veineuse préconisée dans le bilan.

Réponse : tumeurs primitives

Commentaires
Cet examen permet d’évoquer l’hypothèse de lésions primitives type condylomes acuminés uréthraux devant des images typiques de multiples images lacunaires uréthrales antérieures.
Ce diagnostic a été confirmé par l’urethrocystoscopie et les prélèvements anatomo-pathologiques. Ce cas permet de rappeler l’intérêt de l’exploration radiologique systématique de l’urèthre dans le bilan d’une hématurie macroscopique, notamment chez le sujet jeune.

Cas n°11 (Octobre)

CHU Henri Mondor
CRETEIL
Service de Radiologie
Pr Alain RAHMOUNI

Histoire Clinique

Femme de 28 ans : ictère obstructif. Pas d’anomalie biologique ou clinique, inflammatoire ou infectieuse. Présence de quelques lésions nodulaires sous-cutanées.

Réponse : neurofibrome plexiforme avec somatostatinome

Commentaires
Masse hile foie + pancreas + rate normale en dehors du hile. La masse ne comprime pas les vaisseaux. Sur clinique et semiologie, lymphome peu probable. Peu de differentiel autre que le neurofibrome plexiforme (lymphome, sarcome peu probables). De plus, il existe une dilatation du choledoque avec masse obstructive du bas choledoque. Etant donné le jeune age de la patiente, une tumeur endocrine peut etre evoquée et donc un somatostatinome dans le cadre d’une maladie de von Reckinghausen, du fait de l’association connue (deux references selectionnées: Am Surg 2003 ; 69 : 1077-82 et AJR 1999 ; 173 :503-4)


 

 




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