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Cas précédents 2002
Cas n°1 (Novembre)
Cas présenté par l'hôpital Percy
Service d'Imagerie Médicale - Pr D. Jeanbourquin
A. Ait Ameur, Th. Le Bivic, D. Jeanbourquin
Histoire
Clinique
Femme de 29 ans avec douleurs épigastriques violentes, syndrome fébrile
et diarrhée.
Présence d'une ascite à l'échographie.
Antécédents d'dème des membres inférieurs.
Bonne réponse
dème angioneurotique
Commentaire
L'dème angioneurotique est secondaire à un déficit en inhibiteur de
la C1 estérase, maladie génétique. Les manifestations cliniques sont dominées par
l'dème cutanéo-muqueux intéressant le tissu sous-cutané, le tractus digestif
(dème de la paroi digestive avec ascite) et les voies aériennes supérieures. |
Cas n°2 (Décembre)
Cas présenté par l'hôpital Cochin
Service de Radiologie du Professeur A. CHEVROT
Histoire
Clinique
Femme de 56 ans. Douleur de la hanche droite. Arthro-scanner.
fig. 1 : coupe transverse.
fig. : 2 reformation sagittale
Bonne réponse
Kyste du bourrelet
Commentaire
Kyste du bourrelet cotyloïdien,
développé dans la région sus cotyloïdienne sur fissuration du bourrelet. Le kyste,
sous tension se remplit mal par le produit de contraste injecté dans la cavité
articulaire.
Confirmation en IRM : fig. 3.
L'image IRM T2 montre les vraies dimensions du kyste. |
Cas n°3 (Janvier)
Cas présenté par l'hôpital Edouard Herriot - Lyon
Service de Radiologie du Professeur PJ. VALETTE
Histoire
Clinique
Mlle T., 22 ans, présente un asthme sévère qui a motivé un scanner
(non fourni). Cet examen a révélé de manière fortuite la présence d'un kyste
hépatique gauche d'aspect atypique. Elle est asymptomatique sur le plan hépato-biliaire.
La biologie hépatique est normale. Une ponction du kyste a enfin été pratiquée. Les
marqueurs tumoraux intrakystiques sont revenus à des taux très élevés : ACE à 23 800
unités et CA 19-9 à 39 800 unités.
Une échographie (document échographie) et une IRM (documents IRM T1
après injection de gadolinium et IRM T2) sont pratiquées afin de préciser la nature du
kyste.
Bonne réponse
Kyste à revêtement cilié
Commentaire
La patiente est opérée : lhistopathologie de la
pièce de résection révèle un kyste à revêtement cilié du segment IV du foie.
Le kyste du foie à revêtement cilié (ciliated hepatic foregut cyst) est
un kyste congénital rare (une soixantaine de cas publiés). Il dérive de l'intestin
primitif et présente des caractéristiques morphologiques proches de celles des kystes
bronchogéniques. Il est unique et presque toujours localisé à la partie antérieure du
segment IV du foie. Cette topographie particulière, de même que la présence d'une fine
paroi kystique et d'un contenu hétérogène doivent faire évoquer le diagnostic.
L'élévation du CA 19-9 sérique est rapporté dans la littérature et pose le problème
du diagnostic différentiel avec un cystadénocarcinome mucineux. Le taux
particulièrement élevé des marqueurs tumoraux dans le liquide kystique de notre
observation rappelle la non spécificité des marqueurs dans les lésions kystiques du
foie ou du pancréas. Enfin la dégénérescence du kyste cilié est exceptionnelle. Elle
justifie la résection chirurgicale de même que l'impossibilité habituelle d'établir un
diagnostic de certitude sur les seules données de l'imagerie et des prélèvements
percutanés. |
Cas n°4 (Février)
Cas présenté par le CHU Dijon le Bocage - Département de
Radiologie et Imagerie Médicale Diagnostique et Thérapeutique du Pr KRAUSE
Histoire
Clinique
Patient de 80 ans, cirrhose OH connue.
Douleurs abdominales et syndrome sub-occlusif.
Fig 1 et 2 : coupes axiales TDM après contraste.
Bonne réponse
Ulcère duodénal perforé
Commentaire
Diagnostic :
- ascite intra-péritonéale marquée.
- calcifications vasculaires.
- micro-collection aérique intra-péritonéale en avant du transverse.
- air au contact et en avant de D2, au niveau du foie.
Conclusion : Perforation d'un ulcère duodénal.
Chirurgie en urgence : ulcère duodénal perforé (ascite sur foie cirrhotique). |
Cas n°5 (Mars)
CHU de Caen
Service de Radiologie Générale
Professeur Gérard SCHMUTZ
Histoire Clinique
- Jeune patient de 32 ans
- Douleurs de la Fosse Iliaque Droite évoluant par crises, spontanément régressives
depuis 2 mois
- Episodes de diarrhées et de fièvre depuis 6 mois
- Amaigrissement - Asthénie
- FID sensible à l'examen - TR sp.
Bonne réponse
Invagination colique tumorale
Commentaire
L'image scanner révèle une masse tissulaire au sein d'une
lumière digestive qui étant donné la topographie, correspond au côlon transverse.
L'image apparaît constituée de deux éléments : le côlon transverse est dilaté
globalement mais ses contours sont réguliers et normaux et au sein de la lumière colique
la masse contient des lignes longitudinales de densité négative correspondant à de la
graisse. Cet aspect correspond à l'invagination intra-colique. Chez l'adulte, les
invaginations sont presque toujours secondaires à une tumeur. Ici, il s'agissait d'un
lymphome non Hodgkinien de la région iléo-caecale, le patient étant HIV+
Le cancer colique ne contient habituellement pas de graisse et son aspect
est habituellement plus irrégulier avec des contours déformés. Il est rare que le
cancer colique entraîne une invagination en dehors des cancers localisés sur la valve
iléo-colique. Un cancer pancréatique est localisé habituellement en avant de la veine
splénique ou autour des vaisseaux mésentériques. Il ne présente pas de graisse et ses
contours sont polycycliques. Une masse ganglionnaire siège généralement autour des
vaisseaux mésentériques et la graisse mésentérique entoure la masse. Il n'y a pas de
graisse à l'intérieur. Les contours de la masse sont souvent polycycliques. |
Cas n°6 (Avril)
CH de Perpignan
Service de Radiologie
Docteur Myriam MAQUIN
Histoire Clinique
Homme de 42 ans, adressé aux Urgences pour altération de l'état général et
vomissements. Le bilan biologique montre un syndrome inflammatoire modéré. Un examen
tomodensitométrique abdominal avec injection d'iode est réalisé.
Bonne réponse
Séminome rétropéritonéal
Commentaire
L'origine rétro-péritonéale de la masse doit être
évoquée devant le déplacement antérieur du duodénum et du pancréas.
La présence d'un angle aigu entre la tumeur et le foie est également un
argument en faveur d'une tumeur rétro-péritonéale.
Les tumeurs rétro-péritonéales primitives sont :
- d'origine mésenchymateuse : graisseuses (liposarcome ou lipome),
vasculaires (lymphangiome kystique), histiocytaire (fibro-histiocytome ou
hystiocytosarcome)
- d'origine neuroectodermique : neuroblastome, ganglioneurome.
- d'origine vestigiale.
Le séminome rétro-péritonéal se développe à partir de cellules
germinales primordiales séquestrées lors de la migration testiculaire depuis la
vésicule vitelline vers le scrotum. Son caractère primitif ne peut être affirmé
qu'après avoir vérifié l'intégrité des testicules. |
Cas n°7 (Mai)
Hôpital Enfants de la Timone
Service de Radiopédiatrie
Pr Philippe DEVRED
Histoire Clinique
Fille, 7 ans.
Tuméfaction inflammatoire traînante de la région cervicale antérieure, l'échographie
montre une masse hétérogène et mal limitée indissociable du lobe gauche de la
thyroïde.
Bonne réponse
Anomalie du 4° arc branchial
Commentaire
Les anomalies du 4ème arc branchial présentent toujours un
orifice au fond du sinus piriforme ce qui explique la surinfection et la présence
fréquente d'air. Sa situation est rarement droite du fait du développement asymétrique
du 4ème arc (crosse de l'aorte à gauche et absence de corps ultimo-branchial à droite).
Le tableau clinique est celui d'une masse latero-cervicale gauche bas située, souvent
inflammatoire au contact de la thyroïde, faisant évoquer alors une thyroïdite aiguë.
Sur les clichés radiologiques une déviation laryngo-trachéale, avec parfois niveau
hydroaérique peuvent être mis en évidence. L'échographie et la TDM retrouvent une
masse latéro-thyroïdienne gauche, avec présence d'air parfois. Se pose le diagnostic
avec une duplication digestive, un diverticule congénital de l'sophage, un
diverticule pharyngé postérieur congénital ou une laryngocèle externe. |
Cas n°8 (Juin)
Hôpital Pellegrin - CHU de Bordeaux
Service de Radiologie A
Professeur F. DIARD
Histoire Clinique
Jeune femme de 21 ans d'origine malgache, sans antécédent particulier, qui présente
depuis plusieurs mois une douleur du 1/3 inférieur de la jambe droite qui s'aggrave
progressivement et gêne son travail de femme de ménage. Il n'y a pas de syndrome
inflammatoire local. La biologie est normale. Une scintigraphie au Technitium 99 montre
une hyperfixation du 1/3 inférieur de la diaphyse tibiale.
Vous disposez d'une radiographie simple de face du 1/3 inférieur de la jambe droite, et
d'un examen tomodensitométrique avec un reformatage 2D dans le plan coronal.(Examen
réalisé par le Dr JB. Tallon, CHG d'Angoulême)
Bonne réponse
Chondrosarcome
Commentaire
Les deux images qui vous étaient soumises montrent une
lésion tibiale droite diaphysaire centrale à type d'ostéolyse géographique avec trois
caractéristiques particulières : des
calcifications de la matrice lésionnelle avec à la partie supérieure une calcification
annulaire, une hyperostose corticale, des érosions endostéales.
Cet aspect est typique d'une matrice cartilagineuse, et il faut donc
discuter les trois diagnostics de tumeur cartilagineuse qui vous sont proposés :
- un chondroblastome serait de topographie épiphysaire ou
épiphyso-métaphysaire, or cette lésion est purement diaphysaire,
- il ne peut donc s'agir que d'un enchondrome ou d'un chondrosarcome. Deux
éléments séméiologiques permettaient de suggérer le chondrosarcome malgré le jeune
âge de la patiente :
· un élément clinique capital : LA DOULEUR. En effet, un enchondrome
bénin n'est pas spontanément douloureux. Toute tumeur cartilagineuse spontanément
douloureuse doit faire discuter le chondrosarcome en l'absence de fracture.
· un élément radiologique : l'érosion endostéale profonde sur la
corticale médiale. Les tumeurs cartilagineuses sont lobulées et donnent des érosions
endostéales à grand rayon comme sur le bord latéral. Quand une érosion est profonde
avec un court rayon, c'est un signe qui plaide plutôt en faveur de la malignité.
La biopsie a confirmé le diagnostic de chondrosarcome.
Les autres diagnostics ne tenaient pas la route :
- l'infarctus n'est pas douloureux à ce stade de séquelles calcifiées. Il
peut provoquer une réaction cortico-périostée et une hyperostose, mais ne donne pas
d'érosion endostéale. Il provoque une calcification serpigineuse périphérique mais ne
donne pas de calcification annulaire localisée.
- L'ostéoblastome bénin est rare. Il donne une matrice plutôt ossifiante
et contient des calcifications qui en principe sont nuageuses et pas annulaires.
- L'ostéomyélite subaiguë pouvait être discutée chez cette patiente
jeune d'origine malgache, mais la clinique et la biologie n'étaient pas compatibles et
l'aspect radiologique n'était pas évocateur de cette pathologie. |
Cas n°9 (Juillet)
Hôpital Tenon
Service de Radiologie
Professeur F. BOUDGHENE
Histoire Clinique
Patiente âgée ayant eu une chirurgie d'un ulcère duodénal datant de 10 jours. Douleurs
de l'hypocondre droit, fébricule.
TDM Abdominal injecté.
Bonne réponse
Abcès sous-phrénique + sous-hépatique droit
Commentaire
L'épanchement pleural est en faveur d'une formation
abcédée sous-diaphragmatique, d'autant qu'il existe une petite atelectasie passive
satellite de la base droite (flèche fine) Les contours flous de la lésion hépatique
(étoile) font penser qu'il s'agit d'une formation extra-hépatique, et font éliminer le
diagnostic d'abcès intra-hépatique. L'image postérieure est une communication de la
collection sous-phrénique avec l'épanchement péri-hépatique et non pas une fissuration
d'un abcès hépatique (flèche large) Les bilomes sont en rapport avec une plaie de la
voie biliaire et compliquent plutôt la chirurgie hépato-biliaire.
Il s'agit donc en première hypothèse d'un abcès sous-phrénique droit, complication
classique de la chirurgie digestive du quadrant supérieur droit (ulcère duodénal
perforé), ayant un retentissement sus-diaphragmatique inflammatoire.
L'examen TDM permet d'envisager le traitement percutané par drainage, qui a confirmé le
diagnostic. |
Cas n°10 (Août)
Hôpital La Pitié-Salpêtrière
Service de Radiologie du Pr Ph. GRENIER
Dr C. BEIGELMAN
Histoire Clinique
Femme de 36 ans. Tabagisme à 15 paquets/année. Aucun antécédent particulier ni
exposition professionnelle particulière. Toux pendant 3 mois puis consultation pour
dyspnée. Arrêt du tabac en Avril.
Bonne réponse
Histiocytose X
Commentaire
Le diagnostic est celui dhistiocytose X. Il repose sur
lassociation de lésions kystiques associées à des nodules cavitaires ou non. La
forme bizarroïde des kystes est notable aux lobes supérieurs en particulier comme cela
est visible sur les clichés fournis, de même que le respect des extrêmes bases
pulmonaires comme cela était le cas chez notre patiente.
Le rôle du tabac est indiscutable comme vous le démontre lexamen
obtenu 2 mois après arrêt du tabagisme. Lexamen TDM de contrôle objective une
régression lésionnelle indiscutable. Les coupes ne mettent plus en évidence que
quelques nodules bronchiolaires.
Il nexiste pas de nodules en association avec les kystes au cours de
la lymphangioléiomyomatose pulmonaire, qui touche de façon élective la femme en âge de
procréer.
Les métastases kystiques doivent toujours être gardées en mémoire. |
Cas n°11 (Septembre)
Hôpital de Brabois
Département de Radiologie
Professeur D. REGENT
Histoire Clinique
Patient de 58 ans, examiné pour syndrome douloureux abdominal chez un malade porteur
d'une prothèse vasculaire pour anévrysme du segment thoraco-abdominal de l'aorte, mise
en place 3 ans auparavant.
Quel diagnostic proposez-vous pour l'image appendue au plancher de la grosse tubérosité
gastrique ?
Bonne réponse
Splénose
Commentaire
La splénose est une auto-transplantation de tissu
splénique à la suite d'une rupture traumatique de la rate ou d'une splénectomie
chirurgicale. Elle s'observerait dans 20 à 60 % des traumatismes spléniques. Les nodules
spléniques sont de taille, de forme et de siège variables et s'implantent sur le
péritoine ou les viscères d'où ils reçoivent une néovascularisation par de petits
vaisseaux perforants (à l'inverse des rates accessoires qui sont généralement en faible
nombre, 1 à 6 nodules, situés à proximité immédiate du siège de la rate normale, et
surtout reçoivent toujours leur vascularisation de branches de l'artère splénique). Les
nodules de splénose se rehaussent de façon homogène après injection de produit de
contraste, comme le fait une rate normale après homogénéisation de la perfusion de la
pulpe blanche et de la pulpe rouge.
Ici, les antécédents chirurgicaux lourds ; l'absence de rate que doit faire suspecter le
siège très postérieur de la grosse tubérosité qui vient au contact de la coupole
diaphragmatique en arrière, sont d'excellents arguments en faveur d'une splénectomie de
nécessité lors du geste chirurgical.
D'autres coupes, tant axiale transverse (fig. 3) que reformation frontale oblique (fig. 4) montrent d'autres nodules de
splénose plus volumineux.
En cas de doute, la scintigraphie aux globules rouges fragilisés par la chaleur et
marqués au 99mTc est un moyen élégant et atraumatique de confirmer le diagnostic. |
Cas n°12 (Octobre)
CHU de Caen
Service de Radiologie Générale
Professeur Gérard SCHMUTZ
Histoire Clinique
Malade de 78 ans
HTA - Diabétique - Insuffisance cardiaque avec TACFA
Douleurs Abdominales intenses
Diarrhées sans fièvre
Bonne réponse
Ischémie mésentérique
Commentaire
Il existe de l'air dans la paroi du caecum et dans les axes
veineux mésentériques. Il s'agit donc d'une pneumatose pariétale associée à une
aéro-mésentérie. Il existe de multiples causes à la présence d'air dans la paroi
digestive mais la première hypothèse diagnostique doit être une ischémie
mésentérique devant le tableau clinique.
La colite pseudomembraneuse est éliminée par la présence d'air dans la
paroi colique et cliniquement la prise d'antibiotique n'est pas mentionnée et le patient
apyrétique.
L'occlusion du grêle doit être récusée car il existe une distension
liquidienne du caecum et enfin pour la péritonite, il n'y a pas d'épanchement
intrapéritonéal et pas d'air dans la cavité péritonéale. |
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